Les sciences humaines et sociales en Russie et les contacts Européens


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Les sciences humaines et sociales dans l’Empire russe et les contacts européens : base de données

La création de cette base de données vise à mettre à jour l’ensemble des relations scientifiques qui se sont établies, à des rythmes divers et avec des intensités variables, entre le monde scientifique de l’Empire russe et ses homologues européens dans le domaine des sciences de l’homme et de la société. Les données qu’elle contiendra devraient permettre de reconstituer les réseaux scientifiques qui furent les porteurs des transferts et des circulations de savoirs, et par la suite d’analyser sur des bases solides les voies, les moyens et les modèles cognitifs grâce auxquels les sciences de l’homme et de la société se sont constituées dans l’Empire russe et ont pu se positionner dans le paysage européen. Cette étude pourrait ainsi déboucher sur une approche sociologique et prosopographique de l’histoire des sciences combinée avec une analyse des modèles cognitifs.

La base sera donc un outil de recherche, puisque les données documentaires proprement dites et tout au moins la localisation des documents permettra de mener des recherches futures, en même temps qu’une recherche en elle-même, car la mise à jour des contacts, réseaux et circulations scientifiques constituera un apport significatif à l’histoire de ces sciences.

La période couverte va du XVIIIe siècle à la fin des années 192O, soit depuis la mise en place des transferts des savoirs entre l’Europe occidentale et la Russie, jusqu’avant les années du « Grand tournant » qui marquèrent une période coupure et de repli du côté de l’U.R.S.S., en passant par la fin du XIXe et le début du XXe siècle, où les circulations et les emprunts atteignirent leur comble et commencèrent à s’effectuer, pour la première fois de façon significative, dans les deux sens.

Le champ des disciplines étudiées (histoire, sciences camérales et statistique, économie politique, philosophie, histoire de l’art, ethnographie puis ethnologie, philologie, linguistique, science de la littérature, psychologie, sociologie) a été conçu à dessein assez large pour refléter l’évolution importante qu’il subit, et au terme de laquelle, dans la dernière période déjà mentionnée, les sciences sociales commencèrent à se constituer dans le paysage universitaire et académique de l’Empire.

Le projet consiste à relever systématiquement et à analyser dans les sources russes, notamment dans les archives et les publications de l’Académie des sciences de Russie, des Universités et de certaines sociétés savantes, des informations touchant :

- à la circulation de personnes (séjours universitaires et académiques, participation aux congrès)

- aux correspondances scientifiques (entre individus ou institutions)

- aux publications (traductions, recensions d’ouvrages).

Si l’étude de cette thématique dans les grands centres intellectuels et universitaires russes (Moscou, Saint-Pétersbourg) s’impose évidemment, celle de villes universitaires « périphériques » et pluriculturelles, lieux de croisements multiples et hétérogènes, souvent conflictuels à certaines périodes (Dorpat, Kazan, Kharkov, Vilno, Varsovie, Kiev, Odessa…) recevra toute l’attention qu’elle mérite. Cette étude devrait se prolonger dans les sources européennes (France, Allemagne, Angleterre, Hollande, Italie, Suisse, notamment) pour autant qu’elles contiennent des traces de ces circulations. La création de cette base s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche (France) intitulé « La constitution des sciences humaines et sociales en Russie : réseaux et circulation des modèles de savoirs, du XVIIIe siècle aux années 1920 » (SCHUSOCRU). Le projet a été présenté par le Centre d’Études des Mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC, Paris), laboratoire mixte du Centre National de la Recherche scientifique (CNRS) et de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Il comprend des chercheurs et des enseignants-chercheurs de plusieurs institutions et un réseau de collaborateurs russes. Il fait également l’objet d’une coopération avec l’Institut Poletaev (IGITI) de l’École Supérieure d’Économie (Vysshaia Shkola Ekonomiki, Moscou).

Le responsable du projet : Wladimir Berelowitch (CERCEC)